Bye bye



_Paris du 1er juillet au 2 août avec Maxou (boulot Montmartre-guitares écriture-dodo)
_16 au 23 août St Malo avec les coupines :-)
_ dernière semaine d'août = Aix en Provence chez Clairounette


Dirty old river, must you keep rolling
Flowing into the night
People so busy, makes me feel dizzy
Taxi light shines so bright
But I don't need no friends
As long as I gaze on Waterloo sunset
I am in paradise

Kinks


Sinon dans les "Brèves" des Inrocks y'a une petite surprise délicieuse, si elle est vrai.

E.
# Posté le jeudi 26 juin 2008 12:53
Modifié le vendredi 27 juin 2008 06:31

Lettre à Inaniel.

Lettre à Inaniel.
Inaniel,

Je voudrais retourner à ces premiers moments où tu n'étais pas important, juste intéressant, ces moments où tu ne m'étouffais pas le c½ur par ton emprise inconsciente et involontaire.

Je me suis noyée trois cent cinquante mille fois, et en vérité, ce n'est qu'à la dernière remontée que j'ai repris l'air, j'en ai gonflé mes poumons jusqu'à les faire exploser, et j'ai appelé ça prise de conscience, et j'ai compris à quel point je t'avais dans la moelle, dans le sang, tout ça. Et cette douleur, cette humiliation, si tu savais, oh si tu savais comme elle m'a écarté les côtes, elle m'a déchiré les muscles, et j'ai crié pour ne pas entendre le vide.

Maintenant je flotte dans ton élégante indifférence, et le seul remède éphémère c'est bien l'anesthésie totale, c'est laisser l'absurde histoire enfler dans mon ventre, la sentir sur ma nuque, lui permettre d'entrer partout. Partout jusqu'à en devenir transparente, un petit glissement à la surface glacée de l'eau.
Le pire c'est que si cela ne me rongeait pas, eh bien je t'aurai déjà écrasé mille fois, et nous aurions adoré cela, parce que toujours, au dernier moment, j'aurai arrêté mon geste.

Souvent, tu es plus Voyant que moi, qui me projette trop.
Ca doit être une habitude de préméditer. Habitude d'assassin.

J'attends le jour où tu seras effacé, ridicule. Je voudrais avoir les certitudes de l'avenir, des destins fous. Il est possible que le jour où toute l'emprise sera comme diluée, tu sois déjà loin. Je préfèrerai te savoir quelque part, dans un coin de l'existence, être sûre que dans tous les méandres on se retrouvera quelques fois, et c'est ça le mieux.

Sérénité et Raison ne viennent que trop rarement effleurer mon front.

Mêler écriture et ________, comme je le pensais il y a quelques temps, mais avec un sourire enjoué, c'est faire le cocktail le plus dangereux et, évidemment, le plus exquis.
J'ai toujours tenu mes amours à distance de mon encre, ils étaient parfois des allusions, des points de départs, ils n'étaient pas le contenu. Et j'ai eu bien raison.
Il n'y a rien de plus humiliant qu'une obsession réelle.

Inaniel, ne t'enfuis pas, j'arriverai à te distancer, sans t'éloigner.
Tu seras un délice occasionnel, voilà tout.
Je préfère quelques moments charniers avec toi à toute une vie paisible, je sais que je n'en réchapperai pas mais ce qui me rassure, et je te l'assure, Inaniel, c'est que toi non plus.
# Posté le mercredi 25 juin 2008 05:06
Modifié le mercredi 25 juin 2008 05:25

Eloge inversée

Tout ce que N. écrit est bien beau mais reste futile.
Fut-il en face des Vers de la Révélation, il n'en admirerait que la perfection et ne chercherai pas le Sens. C'est une âme d'esthète. Il est touché profondément par le beau qui ne me semble qu'artifice de la vie lorsqu'il ne renferme aucun secret autre que sa forme.
C'est se contenter. Faire sa pupille naïve de paysages clichés.
C'est aimer la vision du vide mais ne pas vouloir y sauter.
C'est calquer ses sensations sur la projection, l'imagination de son corps en chute. C'est demander aux mots d'être acteurs et non substance de la Vie.
Je ne puis admirer le pseudo engagement, la demi-mesure.
La poésie sécuritaire ? Ca colle à l'esprit de notre Temps.
On aurait souhaité moins hypocrite.
Eloge inversée
# Posté le vendredi 20 juin 2008 12:59

cappuccino

cappuccino

" HEY MAMA WOLF "

# Posté le vendredi 13 juin 2008 06:15
Modifié le mercredi 18 juin 2008 09:46

Ulysse décadent (d'après Du Bellay)

Ulysse décadent     (d'après Du Bellay)
Heureux qui comme l'Issue
A fait un beau dommage
Ou comme celui-là, qui conquît à foison
Et qui s'est détourné, plein de breuvages et de sons
Ivre entre ses talents, de la Peste de son âge !

Quand reverrai-je hélas, de mes petits voyages
Fumer le Chemin-Né, et en quelles hallucinations
Décloisonnerai-je les murs de ma pauvre Raison,
Qui m'est une porte mince, sur d'autres paysages ?

Plus me plaît les Jours que les bâtisses des aïeux,
Que nos palais acides feront fondre furieux,
Plus que les palabres d'ures me plaît l'Extase divine,

Moins la vieille gloire Gauloise que la Tamise au matin,
Plus le Jour Cueilli que l'affreux quotidien,
Et plus que leurs Desseins, la Lueur Sourde qu'on Destine

# Posté le samedi 07 juin 2008 09:24
Modifié le dimanche 08 juin 2008 09:21