Would you believe (Billy Nicholls)

Would you believe (Billy Nicholls)


J'ai appris l'humiliation de la Muse réelle
Âpres volutes
Le fardeau est bientôt au sol

Piétinée, déchirée
L'image a des relents âcres
D'une sourde lutte

J'ai bu à la source
L'eau croupie
Et je l'ai aimé
Comme une nouvelle Liqueur

J'ai embrassé les violences
J'ai accueilli les Foudres
Il ne reste des trois cents chemins
Que peu de Pluie

[Je sens la colère battre le tambour]

Tendres lambeaux
Qu'on presse à l'usure sur la joue

La Folie adresse au Ciel
Ses danses cambrées
Déposons sur l'autel
Les prochains sacrifices
# Posté le mercredi 04 juin 2008 12:00
Modifié le mercredi 04 juin 2008 12:21

Voyage futur.

Voyage futur.
23 août___, à Kielz.


C'est urbain si urbain, avec de grandes tours grises qui regardent la mer mourir à leurs pieds. Des enfants traînent dehors et on dirait que seuls leurs jeux font vivre la ville. Nous déambulons dans les rues désertes et la chaleur nous fait fondre.
En un vertige tout tourne, on est dans les Prés fêtés, avec des centaines de personnes, venues acclamer le Printemps et les Mots tous ensembles. Belles Amours improvisées alors !
Kielz est un kaléidoscope de paysages, qui forment chacun des couleurs, des sentiments, des Instants aux mille nuances-bourgades. C'est ton ½il dans le tuyau qui décide où emporter ton esprit. Ou bien l'inverse, peut-être. Sans frontières et sans moments figés.
C'est beau oh comme tu le voulais.

Wadingster, 24 août___ ?

Oh je ne sais plus. J'entends à peine couler les Cascades alors... Détachés. Avant on l'appelait encore Sweet Eden. Il y a des poissons volants, des jungles. Pas un homme. Ou on doit les confondre dans les fougères.
Le temps, voilà ce qui est suspendu à Wadingster, et cela laisse place à toutes les entrées vers les Cosmos. On s'efforce d'ignorer que d'un moment à un autre le paysage sera comme aspiré et qu'il faudra de nouveau entendre les minutes.
Que c'est bon cet état vaporeux, ces voyages dans une vague d'une des neufs Mers, qui se déroule à l'infini sans jamais s'écraser.

# Posté le vendredi 30 mai 2008 17:23

Histoire absurde

Déluge de mots
En profondeur
Peuple qui bâille
Je fais des cercles
Kielz attend avec quatre autres,
Deux filles
Deux garçons
Belles et Beaux
Comme des Hasards

Dans l'échoppe les objets sont rois
Et couronnent l'Ennui

Nous fumons paisiblement dans les Ascensions

Il déclare à mon sujet : « Elle meurs de ce rythme autant que... »
Et d'autres choses

Quand on s'échappe enfin
Un prophète arrive et prononce des insipides paroles
Je suis bien surprise qu'il ignore son Ennemi
On fume
On fume
Je parle et ris un peu
Et puis il y a un mal dans l'Aise
« Cherche ton carnet ! Montre leurs ! » insiste le prophète

Quand donc apprendra-t-il le Silence ?

Alors j'y vais
En route il y a des étales
Et des Tziganes qui chantent

Soudain une fille
Me vole un livre d'éternité
Je cours en pleurant, je lui crie :
« Oh prends tout ! Mais pas le livre »
« Pas le livre pas le livre »
Elle est tellement étonnée
Qu'elle arrête et enlève ses déguisements
Puis me rends l'éternité à couverture vieillie

L'air est lourd comme un regret

Quand je reviens, le prophète est parti
Il fallait s'en douter
Je prends la main de Kielz
Et c'est comme si je tenais le Vide
Je pourrais la lâcher, eh bien il ne remarquerait pas

Après c'est Noir comme les Sons stridents du Déluge.
# Posté le lundi 26 mai 2008 14:29

ksssh.

ksssh.
La route est la plus clichée du monde avec ses lignes jaunes (jamais blanches dans les romans, voyons!) et elle m'avale à pied un moment, puis en voiture et là, j'aurai l'impression que je l'avale à mon tour, délicieux délicieux, la chaleur est cruelle mais ce putain de monde est maso alors nous continuons sans nous abriter des vautours qui dansent des ballets d'auteurs russes ressuscités dans d'étranges circonstances, ils changent beaucoup de couleurs, violet et d'autres. On s'habitue presque à leur croassement aigu. Croa croa , les piafs, cricric le siège à ressors pété, smacksmack les amoureux, zzz zzz les policiers, shitmotherfucker le conducteur aux frontières, oh ah oh le Dean Moriarty de Kerouac est de passage, poursuivant sa route de la folie (presque ordinaire) et autres contes magnifiques. Oui, D.M. est toujours accompagné par d'autres fantômes imbibés à sa suite.
Tout ça flotte devant mes yeux et même si le ventre se creuse sous le vide, même si les bras sont brûlés personne ne songerait à en avoir assez.
Tant que l'horizon change tous les trente cinq milles...
Et que des fantômes nous rendent visite, au passage quelques uns me soufflent des mots glacés venus d'autres mondes. Ce sont des moments très beaux.
La voiture fait psssshpssshfuit en fin de journée, et en fait, c'est peut être en fin de nuit.

Nous allons rouler encore après notre mort, c'est une promesse entre nous, et nous serons comme ces fantômes qui nous accompagnent, complètement accrochés à la route
# Posté le mercredi 21 mai 2008 12:03

Capharnaüm

Capharnaüm

Taverne
Un homme ressemble à Mac Cartney
Les verres tintent comme un bris de fin de siècle
Une femme juive passe furtivement derrière
Ses seins dressés sous la chemise
Tout est normal mais décalée.

Visage fermé de l'en face
Immobile dans la lecture

Le poème s'étire sur des jours et des jours comme un vieux chat fatigué
Il plante ses griffes dans ma peau pour mieux me rappeler l'absence de continuité

Des jeunes filles en fleurs se promènent par bouquets
Un jeune homme est adossé au tilleul
Personne ne s'intéresse à son regard transparent
Pourtant il est Prince d'un certain Royaume

La poésie imparfaite revient à présent sur les Décombres laissés derrière elle
Les Vestiges de la Transe sont comme des lendemains de nuits malsaines
J'exige le retour de l'accéléré-cardiaque sur les folles et floues sensations
Le bras tendu à l'extrême et le c½ur
A la dérive qui bave son encre à tout vas

Ne m'épargnez pas !

Vert quel enfer vert insondable

N'épargnez pas la ponctuation

Et le poème grandit vicieusement au sein du carnet
Des pensées-ratées

L'autre est fasciné par ses propres coulées
C'est tellement triste
Il vaut mieux en rire


# Posté le dimanche 18 mai 2008 12:15