Something like a kiss on Waterloo Bridge.

Something like a kiss on Waterloo Bridge.
et nous savons
rendre les instants
aussi fragiles
que des sourires
aussi graciles
que des doux soupirs

Nous chantons les Doors dans la rue brûlante
et je crois
qu'il n'y a rien d'autre à réveler
ces murmures à deux
au milieu de n'importe quelle rue
n'importe quel hasard
c'est ça l'important
cette faculté
à improviser
le bonheur
sans cesse
à l'heure de nos
Ivresses-tendresses


___________________________

Cette nuit j'ai rêvé que j'étais dans un bus à Londres, terminus Waterloo Station. Il y avait quelqu'un à côté de moi qui voulait descendre avant la fin, et j'ai réussi à le convaincre d'attendre, parce qu'au bout de cette ligne de bus, après avoir passés toutes ces rues grises-anglaises, il y aurait un coucher de soleil sur Waterloo Bridge (bon dans les rêves la géographie est approximative n'est-ce pas) et je ne voulais pas rater ça. Alors quand enfin on est descendu du bus, le pont était inondé de soleil jaune-orange et c'était la plus belle chose qu'il nous avait été donné de voir de toute notre vie, c'était plus saisissant que ce que j'avais pu promettre et nous sommes restés immobiles à regarder Londres s'endormir et c'était magnifique à pleurer et rire pendant mille ans.
Bizarrement, j'essaye de me rappeler qui était assis à côté de moi pendant le trajet, et j'arrive pas à savoir j'ai beau chercher, je ne sais plus.
# Posté le lundi 12 mai 2008 07:09
Modifié le lundi 12 mai 2008 09:58

Mélancolie des pages remplies.

Tout traîne ici bas il suffit de devenir un peu fou pour s'imaginer à Londres tellement je le désire.
Beaucoup disent que cette ville a tendance à révéler les extrêmes qui sommeillent en chacun de nous : le meilleur ou le pire.
J'aime ça. Voilà une ville qui vit par elle-même comme un monstre cosmopolite et cinglé.
[On connaît de Los Angeles les quartiers quadrillés fluorescents dans la nuit.]
Voici une ville jamais endormie qui mérite tout l'amour éperdu des Errants.
Face à l'Horreur il est vrai que tout le monde se précipite vers l'Erreur.
Tamise lave nos corps au son de Big Ben, berceuse gigantesque qui retentit en chacun de nous à l'heure de la Délivrance prévue.

----

Jamais Rois
Dans la Quête
Les Princes de la Langue
Dansent à l'Aube des Moi
Les Transes primitives de leurs fêtes
Ravivent les Ivresses exsangues.

----------------------

Elle danse jusqu'à l'abrutissement total de la conscience et des membres. Matin, l'eau est vermeille et insinue son fleuve entre la ville. Le soleil est l'inventeur génial des ivresses premières. Aube boréale.
Nous estimons que le corps, aux extrémités du possible, est mécanique. Elle, elle danse dans l'Eclat du nouveau matin. Moi qui m'étais dit de ne plus. Redrum comme il dit.
Nous allons rejoindre les autres et les tables et les corps dans ces lits improvisés.
Mélancolie des pages remplies.
# Posté le mardi 06 mai 2008 13:31
Modifié le mardi 06 mai 2008 13:45

Conte de la médiocrité.

Elle était là, dame d'une trentaine d'année sans caractéristiques aucunes, juste sa voix monotone de professeur de français, ceci depuis dix ans exactement, étudiant le corpus avec des élèves endormis.
"Quel a été votre ressenti quant à la lecture de cet extrait de l'Innommable de Beckett?
Je sais pas vous mais moi ça me barbe un peu ce genre du Nouveau Roman là, et puis j'y vais à contre-coeur pour le lire hein, oui, vous c'est pareil?"
(ils disent vaguement oui puisque de toute façon ils s'en fichent et que contredire, non, exprimer un avis différent les amèneraient à s'expliquer, et donc à agir, et eux, ils n'aiment pas agir, ils sont plutôt dans la passivité, dans l'attente de la possibilité que l'horloge figée se mette à s'animer.)
Un élève dit :
_Non.
Et tout le monde pousse un soupir de désespoir discret, oh qu'il se taise, il va ralentir les minutes comme ça, il va créer du bruit, nous voulons dormir nous voulons juste entendre la sonnerie.
_Non, répète l'enfant-homme. Ce que j'aime c'est de voir à quel point Beckett est en Transe quand il écrit cela, c'est un écrit de Fou, on ne peut pas être normal quand on écrit cela, comme ça, en une phrase fleuve, dans ce..
_Oh, on peut le prendre comme on veut mais on a pas le temps allez, dit la prof. Reportons nous plutôt à la question deux, alors, en fait, ...

Voilà. L'opinion personnelle noyée. L'idée de débat triplement coulée, avec un sac rempli de pierres attaché aux chevilles, pour ne plus qu'elle refasse surface jamais.
Non, il n'y a pas le temps pour discuter. Pour échanger. Il faut juste assimiler.
Voilà comment une trentaine d'élèves ne liront jamais Beckett de leur vie. Voilà comment on oublie de penser.
C'est tellement plus simple, oh tellement facile.
# Posté le mardi 29 avril 2008 14:00

segènam zenruot

segènam zenruot
LASSITU

DE


"La mer a l'air de me crier : <<VA VERS TON DESIR NE RESTE PAS ICI.>> " Big Sur, KEROUAC.

# Posté le mercredi 23 avril 2008 11:34
Modifié le mardi 06 mai 2008 13:32

Tout brûle.

Tout brûle.
Toutes les mille lumières merveilleuses épaississent leurs traits pour se confondre en une seule lueur magnifique qui ne laisse plus aucune place à l'obscurité.
Et dans la transe commune à tous ces Corps frôlés et à bout, il est si facile d'avoir la Blanche Hallucination, celle qui se heurte au plus près de l'Absurde et de la décomposition de la raison.
Allez sortez de chez vous, défoncez les cloisons de vos Esprits, recherchez à nouveau le Beau et l'Ivresse, ce sont des choses que vos Âmes n'ont pu oublier !
Retrouvez les rires frais de l'enfance et l'étonnement innocent devant chaque détail apporté par le Hasard. Ne laissez pas les Principes vous étouffer.
Chaque rire, chaque acte de solidarité est un combat gagné contre la Laideur.
Ouvrez les yeux sur les Lumières millénaires du Soleil couchant et remplissez vous de cet Eclat éphémère.
Tout flotte comme la vision d'un ½il ému.
Tout brûle joyeusement, nos Âmes n'ont pas pu oublier.
# Posté le lundi 21 avril 2008 15:18