Cette transe est dédiée au Serpent.

et la cadence-fille
voit comme personne
ne se désoblige de sa présence
ne s'en dégoûte
et la décadence est seule ce soir
oh non
oh non
il y a bien
des Irréductibles
dans l'oeillade verte
baignés
qui suivent
ce tempo
transcendant
c'est dans le rythme
qu'il y a la clef
ouay
c'est dans le rythme
qu'il y a la clef
c'est fou comme
ces sourires s'allongent
et l'effet au Père-Lachaise
n'est pas vrai
enfin c'est un fac-similé
de notre vision
chérie chérie vision
arpentant des plaines fumantes
j'aspire
la poussière
comme des rails de chemins de fer
comme c'est fluide cette marche
c'est chérie-vision
tellement facile de te rencontrer
aux détours des Collines
aux détours de cailloux plats
qui démangent le sol
des yeux ronds
sur les choses carrées
des yeux neufs
sur les choses fatiguées
d'être
d'émettre
alors toi tu dois
pour les remplacer
être et émettre
à ton tour
ces explosions
ces explosions
aux pupilles
ou aux horizons
changeants
ah cet acide là sur le blanc
moussant
des saisons
sur la vague
du vent
il y a
trois cent
chevaux blancs
à la dérive
comme des vagues
foulées éclatantes
qui fluides comme des liquides
transparents
se mêlent à la vision
naturellement
portés par l'imagination
harcelée
par ce Vent

je ris ah je ris ah je ris AH
comme le flot galopant
dans ma tête
leurs sabots martelant
les tempes
de mon Temps
autant de démons
au Temple
sanglent
mes délires
au Cosmos
[Troisième du nom]
donc ces trois cent
chevaux
blancs? blancs
neigeant
sur mes paysages
d'encens et
tous en sang
se ruent
sur la vue
que j'ai
grâce au Vent
mélodie d'Avant
maintenant
et après ma foi
est tellement
sans Loi
sans tablature
que ça ne peut être une rature
donc je meurs
sous la mer
de sabots
cet Amer
c'est Beau
ah Amour c'est Beau Beau Beau
être sans verrous
rouge sang
La clef c'est le rythme oué
la clef c'est le rythme
c'est sacré
# Posté le samedi 22 mars 2008 18:22

Suspension des amours.

Suspension des amours.
En suspend. Détachés de tout, d'abord de cette surface où nous sommes assis, détachés du décor autour, de la vue au devant, de ce qui se déroule à côté, et avec nous dans ce détachement nous accompagnent nos Pensées. Pas reliées entre elles, mais pas totalement défaites, car il reste un petit peu de sable qui coule, coule paisiblement et tant qu'il se déverse d'un côté ou de l'autre de nos tempes il n'est plus possible d'exister comme chacun le conçoit. J'explique : dès le réveil de votre corps, celui-ci est rattaché à votre esprit, vous êtes donc conscients de ce geste , vous pensez à cette chose précise et vous savez que vous y avez songé alors.
Mais nous, nous n'avons qu'une idée floue, une conscience vague de notre existence depuis. C'est fantastique cet état animal, aussi réceptif que replié sur soi-même, cette envolée des sens, des perceptions.
Nous sommes dans un aéroplane ? Oh une sorte d'engin volant qui atterrit dans un champ de blé. Malgré les circonstances l'atterrissage est réussi c'est tellement doux j'ai l'impression que nous n'avons jamais touché le sol pourtant je sens le blé caresser mon dos comme tu caresses mon visage je roule je roule comme sur une dune avec toi c'est doux n'est-ce pas ; ça dure mille ans puis le paysage se transforme en lacs entrelacés. Je me noie tendrement trois fois dedans puis le rêve me ramène en poudre rose, dans l'avion, vers le flottement réel, quelques aurores se disputent l'éclat du ciel, j'apprivoise des bouches, toute altérée que je suis, une aurore a vainc les autres et règne, dorée, dans le quatrième Cosmos (le plus important) tandis que nous avons encore cette vague et douce conscience de notre existence.


Vous savez c'est ça aussi l'Ecriture : obtenir presque les même effets que les meilleurs drogues juste avec du papier de l'Encre et son esprit. C'est super, y'a même la 'descente' qui est intégrée.
Autant vous dire que je ne compte pas faire de cure avant longtemps.

# Posté le samedi 22 mars 2008 15:11

Valse

Valse

on marche sur les collines
nues
de la mémoire
toute lavée par la divine
qui vit
tellement de ciels pleuvoir

on danse comme
des fous
oubliant les obligations
au milieu d'hommes
soûls

il y a toujours cette variation

lorsque l'on crève
en tempo
devant un soleil levant
tout au bout de la grève
les mots
des cadavres exquis flottants


# Posté le jeudi 20 mars 2008 12:35
Modifié le samedi 22 mars 2008 03:22

Zestes.

Zestes.
La ville-machine
Etend ses rails-monstres
Ses ombres divines
Et malsaines tout contre
Les murs et les pavés
Où se dresse l'anxiété

------------------

Au bout de la grève
je rêve
à la trêve
où nos Sèves
empoisonnées
se mélangeront
à l'horizon éclaté

------------

Café sans toi
sans saveurs
Dans la longueur
du jour
dormant dans les lueurs
du pourtour
solaire

-------

Amour mourra
sans remous
mais sans verrous
Amour d'âme
oh Amour

-----
# Posté le samedi 15 mars 2008 09:32

Around the clock.

Around the clock.
Nous sommes deux ou trois affalés sur un banc public. Avec des yeux vides et de la lassitude dans la fumée, on regarde les autres passer et repasser, et comme ça pendant des heures la bouche entrouverte, à réfléchir peut-être à rester amorphe face au monde qui vit par habitude, seulement.
L'un lit des journaux l'autre écoute un groupe perdu des années 80 je ne sais plus. Au-dessus il y a une grande horloge un peu vert-de-gris. Les aiguilles grincent, il y a un manque affreux d'huile dans le mécanisme, et quand tu veux regarder le ciel il faut d'abord faire l'effort de lever la tête, puis que ta vision enjambe l'espace occupé par le cadran.
Oh c'est éreintant, nous sommes pleins de mauvaises drogues et de lassitude. Cette dernière peut presque être palpée tellement elle est dense.
Nous sommes pleins de silence. Ce n'est pas un vide dérangeant, c'est dans le naturel des choses.
Nous sommes dans la chaleur accablante et le lourd, lent et long « tic tac » est la seule façon de se rappeler du temps qui coule.

L'un de nous se lève. C'est très dur, comme un réveil de coma, il a une sorte de vertige et un sourire incertain.
Alors il commence à marcher tout droit vers le bois frais et vert, vers l'horizon où mes yeux s'accrochent. Et il s'enfonce, il rapetisse et j'ai tout d'un coup les jambes brûlantes, le front glacé alors je prends mon inspiration, le temps de trois énormes « tic tac » et je courre le plus vite que je peux.
Le vent porte mon élan, les herbes hautes tranchent mes mollets, caressent mes poignets.
Le soleil est hachuré par les arbres. Je suis éclatée de bonheur simple. Et tout ça grâce à une course, grâce au Mouvement. Je cherche enfin parmi les mousses l'autre ami déjà parti.
C'est toute une luxure d'ombres nuancées, de couleurs et de sensations.
Si je me concentre, si j'aspire non pas une à une mais dans leur globalité tous ces ressentis alors c'est comme un orgasme des sens.
Je m'étends sur la mousse froide comme une cascade et les arbres vus d'en bas forment un horizon neuf et beau, un fouillis de branches et de ciel bleu.
Mon corps s'élève tandis que des paons défilent tranquillement à ma gauche et à ma droite. Au-dessus je vois aussi le corps du garçon, de l'ami, mais c'est totalement secondaire parce qu'il accompagne ici l'entité de la communion, vous voyez, je pourrai très bien être allongée sur l'ange et faire l'amour à la mousse, c'est doré.
C'est loin du « tic tac » et des yeux mornes, tout est dans ce Mouvement, dans le bout des doigts qui caressent mon corps, dans l'aspiration et le mélange de la terre et des soleils millénaires.
# Posté le samedi 08 mars 2008 15:49