Léthargie.

Comme On M'interdisait d'Aimer LA vie, j'ai.
Léthargie.
# Posté le lundi 14 janvier 2008 15:07
Modifié le mercredi 16 janvier 2008 11:42

14

Alors tu es devant la page. Devant une plage, peut-être ? Mais non. C'est ton Inconsistance perpétuelle qui t'oblige à invoquer ces visions, à inventer des situations, des rêves éveillés et vernis, eux-mêmes très pâles, très délavés, à ton image, image passée d'une enfant qui ne peut plus être sage.
L'instant d'après est une seconde où ton état s'améliorera peut-être, où tu seras dans l'exaltation de la vie, attirée pas un détail, une sensation, un mot.
L'instant d'ensuite, enfin, est radicalement différent, il te laisse indifférente, tu le vis à moitié, et bientôt, si cette indifférence blanche se prolonge tu t'en voudras. Je te connais par c½ur.
Maintenant tu essayes de te concentrer sur ce que tu écris, dessines avec tes doigts sur la fenêtre embuée, sur la feuille de papier jaunie, salie. De plus en plus, tu es tarie et attendrissante de stupidité, tu as conscience que ce maigre talent qui te retient en vie peut s'en aller dès demain et pour toujours, mais tu ne peux profiter à fond du peu de temps qu'il t'est accordé pour créer car les obligations dominent, s'imposent décident à ta place, te vident te laissent basse, te rendent perfide, t'assèchent sans pitié. Elles pompent, ces autorités, avidement, toujours plus profond dans ce que tu as d'innocence, de créativité, de rébellion et d'original.
Tu décides alors de te projeter plus loin, de te promettre autre chose, et pour leur échapper tu changes sans cesse d'humeur, de face, tu te glisses parmi les esquisses de tes Envies, inlassablement ou presque.


Donc tu es sur cette plage. Que vas-tu faire ? Je vois bien que tu voudrais te rouler dans les vagues. Qu'est-ce qui t'en empêches ? As-tu si peur du Sel, ne veux-tu pas connaître la sensation qu'il procure, l'abandon marin, les embruns sur ton c½ur qui flouent la raison ? Bien sûr, tout cela n'est pas sans difficultés, il faudra nager loin, bien sûr ce n'est pas sans conséquences, lorsqu'ils te verront trempée, égarée, sale et recouverte de Sel, il est possible qu'ils te rejettent, qu'ils te montrent du doigt. Tu les ignoreras.
Tu cours à la rencontre des vagues, tu ris, tu es dans la Plénitude, un albatros qui tranche le ciel de sa Folie,un albatros porté par le vent chaud et salé, chargé de rêves.
14
# Posté le dimanche 13 janvier 2008 13:16

13 "Je serrai fortement dans mes mains le volume que je lisais: mais les sensations les plus violentes étaient émoussées. Rien n'avait l'air vrai; je me sentais entouré d'un décor de carton qui pouvait être brusquement déplanté. Le monde attendait, en retenant son souffle, en se faisant petit-il attendait sa crise, sa Nausée, comme M.Achille l'autre jour."La nausée, Sartre

Lassitude. On lit des choses, on voit que le rêve est possible, on en lit d'autres et c'est écoeurant.
On vit des choses et c'est très doux, on en vit d'autres et c'est amer et c'est étouffant.
Et c'est ennuyeux, surtout, fade oppressant horriblement délavé glacé futile interminable.
Et on déchire avec grand peine le plastique qui nous entoure, on veut respirer du Vrai, on veut renaître sous une plus belle lumière, cruelle certes, mais choisie, on veut la liberté plein les poumons, plein les sourires.


C'est la route après le bois, les champs sont surnaturels dans le brouillard, tu danses, je danse, j'écorche tes joues de baisers, tu te couches, je me couche, la mousse nous recueille, nous berce, je m'en vais loin par delà la raison, tu t'en vas, à l'opposé, dans du ciel là, au coin, du bleu de la fumée, du bleu interrompu par les branches d'arbres, du bleu des yeux. Nous nous en allons, au-delà de l'au-delà.
# Posté le dimanche 13 janvier 2008 12:45
Modifié le lundi 14 janvier 2008 13:57

12. Archives.

12. Archives.




Sur ta bouche meurtrière
Naissent [encore] les mimiques assassines
Du désir et mes chimères
Sans cesse y imaginent
Echappé de tes lèvres guerrières
Rouges et divines
Un baiser éphémère, soleil d'hiver
Un baiser sanglant [qui] dessine
Une aquarelle de mystère
Mais tes lèvres qui me fascinent
Frôlent juste la paroi du verre
[le] Caressent, dansent, s'imbibent de Gin
Me tuent. Une mort au bord de la mer.
# Posté le samedi 12 janvier 2008 15:21
Modifié le dimanche 13 janvier 2008 08:08

11

11
Le manque bouffe l'inspiration, mange en ma tête ce qu'il me reste de conscience. Festin cruel.
Des fois, je me bats,je crois me battre, je brandis des lumières des rires, ou plutôt cette insouciance caractéristique que l'on peut ressentir au printemps. Ce n'est pas le bien contre le mal. C'est l'Inconsistance que se fait envahisseur barbare, martelant mes tempes comme une lourde porte en bois,trouvant bientôt la faille pour s'introduire brutalement. Des cris et des blessures.
Le manque est un bruit sourd. Il nous inonde d'une bêtise animale.
Des cristaux qui éblouissent et se brisent.
Le manque insuffle son parfum pervers dans le corps, l'esprit, est-ce que j'avance, est-ce que je recule? Je suis juste dans cette immobilité précaire et millénaire de la condition humaine.
# Posté le samedi 05 janvier 2008 17:41